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Discours du 27 mai 2010 à Sainte Maxime
par Maurice Fey, président du Comité des Maures


Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Elus
Mesdames et Messieurs les présidents des Associations Patriotiques
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs
Chers Amis

Nous sommes réunis pour commémorer une date capitale de l'histoire de notre pays : le 27 mai 1943.

Ce jour-là, à Paris, 48 rue du Four dans la clandestinité, Jean Moulin le représentant du général De Gaulle réunissait les responsables de tous les mouvements de Résistance, des partis politiques et des syndicats résistants afin de les unifier autour du chef de la France Libre en créant le Conseil National de la Résistance.
Jean Moulin naquit le 20 juin 1899 à Béziers. Particulièrement impliqué dans l'organisation du pays, il devient, dès 1925, le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville. Il poursuit sa carrière à Châteaulin, à Amiens.
Il fut le directeur de cabinet de Pierre Cot, ministre de l'Air, dans le gouvernement du Front Populaire de Léon Blum de juin 1936 à juin 1937. Son travail est centré sur l'aide clandestine aux Républicains espagnols : recrutement de pilotes et l'envoi d'avions civils et militaires.
En juillet 1939, il est nommé préfet de Chartres. Lorsque les Allemands investirent la ville le 17 juin 1940, ils veulent lui imposer une infamie : reconnaître que les civils tués ont été massacrés par les troupes coloniales françaises. En réalité ces victimes sont le fait des forces d'occupation. Menacé, brutalisé, emprisonné pour qu'il signe une reconnaissance honteuse : il préfère tenter de se suicider en se tranchant la gorge ! Ce fut son premier acte de Résistance et de courage qui ne le quittera pas jusqu'au sacrifice de sa vie.
Remis sur pied et libéré, il refuse de prêter allégeance à Pétain. Il est relevé de ses fonctions le 2 novembre 1940. Il commence alors une vie clandestine. Il recherche des contacts avec les embryons de la Résistance dans toute la zone Sud. Dans le Var à Bargemon, dans la maison du colonel Manhès, il noue les premiers fils d'une Résistance éparpillée. Il rejoint l'Angleterre le 20 octobre 1941 pour rencontrer le général De Gaulle à qui il rend compte de l'état des forces de la Résistance en zone non-occupée.
Il reçoit des mains du chef de la France Libre la mission d'unifier la Résistance dans la zone Sud où il est parachuté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 près de Salon de Provence. Il est Rex. Sous ce nom, il poursuit la tâche entreprise auparavant pour aboutir : à la création de l'Armée Secrète en octobre 1942, à l'unification dans les MUR (Mouvements Unis de Résistance) pour la zone Sud de Frenay pour Combat, d'Astier pour Libération-Sud et Lévy pour Franc-Tireur, le 26 janvier 1943.
Fort de ce succès, il retourne à Londres en février 1943 pour recevoir la mission de mettre en place la même unité pour tout le pays. Il atterrit à bord d'un Lysander dans la nuit du 19 au 20 mars 1943 en Saône et Loire. Sous le pseudonyme de Max, il doit mettre en place le Conseil National de la Résistance : mission accomplie le 27 mai 1943.
Hélas il ne verra pas la victoire ! Il est trahi, arrêté à Caluire le 21 juin 1943, remis entre les mains de Klaus Barbie à Lyon. Il subit la torture sans avouer qu'il était Max c'est-à-dire Jean Moulin. Transféré à Paris, il subit à nouveau des sévices des mains de la bande Bonny-Laffon dans la sinistre officine de la rue Lauriston sans toujours avoir avoué son identité. Il est transporté par compartiment spécial dans le train régulier Paris-Berlin. Il meurt le 8 juillet 1943 aux environs de Metz.
Il a d'abord été inhumé le 11 février 1944 au cimetière parisien du Père Lachaise puis ses « cendres présumées » ont été transférées au Panthéon vingt ans plus tard pour commémorer le vingtième anniversaire de la Libération, le 19 décembre 1964 sous la présidence du général De Gaulle.

La date du 27 mai 1943 changea le cours de la lutte contre l'occupant et les collaborateurs de Vichy : le général De Gaulle, chef de La France Libre devenait le chef de la France Combattante, le chef de toute la Résistance.
C'est ainsi que dans l'Algérie libérée fut constitué le Comité Français de Libération Nationale en juillet 1943, préfiguration du Gouvernement Provisoire de la République Française en juin 1944. Alger devenait à cette époque la capitale de la France libérée.
La France va éviter, non sans difficultés, d'être traitée par les Alliés lors de la Libération en pays vaincu et collaborateur. Une administration, une monnaie avaient été prévues à cet effet.
Et bien ce ne fut pas le cas ! Comment cela aurait-il pu ! Les soldats des Forces Françaises Libres puis notre armée reconstituée en Afrique du Nord n'avaient-ils pas combattu en Afrique, en Italie ! La Résistance intérieure n'avait-elle pas participé à la préparation des Débarquements, retourné par ses actions l'opinion publique contre Vichy, porté des coups à l'occupant et aux collaborateurs !
Tout cela, permit la présence de la France le 8 mai 1945 à la capitulation de l'Allemagne nazie à Berlin avec le Marechal de Lattre de Tassigny à la grande rage des vaincus. Ainsi notre pays va devenir un des 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Conseil National de la Résistance se dota également d'un programme en mars 1944 pour reconstruire notre pays sur des bases nouvelles dans le domaine politique, économique et social.
La mise en œuvre de ce programme fut entreprise par le gouvernement du général De Gaulle avec toutes les composantes de la Résistance unifiée par Jean Moulin. Nous pouvons relever : le droit de vote des femmes, les retraites et la sécurité sociale. La remise en cause de ces deux dernières depuis de très nombreuses années ne manque pas de nous inquiéter.
Nous nous félicitons de voir organiser cette cérémonie aujourd'hui à Sainte Maxime. Nous en remercions vivement, Monsieur le Maire et le conseil municipal.

A l'ANACR, nous continuerons notre travail de mémoire pour que le 27 mai devienne la date de la commémoration nationale de la Résistance en raison de son importance historique. Nous poursuivons nos démarches pour cette reconnaissance auprès de M. Le Président de la République.

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