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Discours du 27 mai 2011 à Sainte Maxime
par Maurice Fey, président du Comité des Maures


Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Elus
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs
Chers Amis

Nous voici à nouveau réunis, pour commémorer le 27 mai 1943, date de la
création à Paris, du Conseil National de la Résistance, sous la houlette de
Jean Moulin, mandaté par le général De Gaulle, chef de la France Libre.

Je tiens, au nom du Souvenir Français et de l'Association Nationale des
Anciens Combattants de la Résistance et de leurs Amis
à remercier Monsieur
le Maire d'avoir une nouvelle fois répondu favorablement à notre demande.

Les anciens Résistants, depuis de nombreuses années œuvrent pour faire
du 27 mai une journée nationale de commémoration, pourquoi ?

Si, l'appel du 18 juin du général De Gaulle est l'acte fondateur de la
Résistance, le 27 mai en est l'acte unificateur. Il consacre les efforts de Jean
Moulin pour unifier tous les mouvements de la Résistance intérieure.

A partir de cette date, le général De Gaulle, chef des Forces Françaises
Libres, devenait chef de la France combattante, celle qui refusait la
collaboration. La France allait retrouver sa place au combat, aux côtés des Alliés
par la reconstitution de notre armée, après le débarquement anglo-américain en
Afrique du Nord, en novembre 1942. Auparavant, l'honneur de nos forces
armées terrestres, aériennes et maritimes, avait été sauvé par les Forces
Françaises Libres.

L'unification autour du général De Gaulle va lui permettre non sans mal,
de se faire reconnaître par nos Alliés comme le seul représentant légitime de la
France. Nous ne devons jamais oublier qu'il était prévu dans les plans de nos
libérateurs de nous imposer une administration, une monnaie et une occupation
militaire. La France était le seul pays occupé par les forces nazies à être
considérée à la veille du débarquement comme une puissance vaincue et
collaboratrice.

L'unification des forces militaires de la Résistance dans les Forces
Françaises de l'Intérieur, engagées dans la Libération de notre pays, aux côtés de
nos Alliés et de nos armées reconstituées, ont permis de juin à décembre 1944
de libérer notre territoire et mettre en place les nouvelles autorités issues de
l'unification de la Résistance le 27 mai 1943. Certes, Jean Moulin ne vit pas ce
jour de gloire : trahi, arrêté, torturé, décédé le 8 juillet 1943 dans le train de la
déportation, mais son œuvre avait porté ses fruits.

Ainsi la France, fut à la table de la capitulation le 8 mai 1945 à Berlin.
Elle fut l'un des membres fondateurs des Nations Unies avec une place de
membre permanent au Conseil de Sécurité, alors que le 22 juin 1940 la France
de Pétain avait accepté la défaite et la collaboration :

La voilà la véritable revanche !

Nous, les anciens Résistants et leurs Amis tiennent à cette date parce
qu'elle est l'acte fondateur de la France retrouvée après la victoire. Elle a permis
le rétablissement de la République en inscrivant dans sa constitution qu'elle
était démocratique, laïque, sociale et indivisible.

Je ne reviendrai pas sur les réformes capitales effectuées par le
gouvernement du Général De Gaulle : droit de vote des femmes, Sécurité
Sociale, Retraite, Education. Elles furent accomplies en peu de temps dans un
pays dévasté et ruiné : 74 départements avaient servi de champs de bataille. La
dette nationale avait quadruplé. La production industrielle ne représentait que
30 % de celle de 1929. Malgré tout, ces réformes furent faites!

Aussi, nous, les anciens Résistants et leurs Amis, nous nous interrogeons
sur les réformes entreprises depuis de très nombreuses années.

Connaissons-nous une situation semblable ? La mondialisation serait-elle
pire que l'invasion, la soumission et la collaboration ?

Nous sommes également inquiets, pour ne pas dire davantage, par la
montée de la xénophobie, de l'antisémitisme, du racisme, banalisés comme
des arguments démocratiques. Et bien non ! Ces idées, nous savons où elles
nous ont conduits dans le passé. Nous devons résister autour des valeurs de la
République sans démagogie et sans préjugés. Nous avions tellement de
combattants et de combattantes issus de cette diversité nationale : vouloir la
remettre en cause, c'est les tuer une seconde fois !

Je continue à témoigner dans les écoles dans l'esprit du Souvenir défini par
le général De Gaulle qui fit graver, sur la plaque apposée le 23 avril 1968 à
Paris, quai Henri IV, en l'honneur de la Première Armée Française, commandée
par le général de Lattre de Tassigny :
« Le Souvenir ! C'est non pas seulement un pieux hommage rendu aux
morts mais un ferment toujours à l'œuvre dans les actions des vivants. »

Vive La Résistance ! Vive la République ! Vive la France !

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