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Allocution d’Emilien German, président du comité de Salernes le 31 juillet 2013 en hommage à Joseph Gabriel


Mesdames et Messieurs,

Le 31 juillet 1944 Joseph Gabriel était assassiné.

C’est ce même jour, un an auparavant, qu’officiellement la Wehrmach prenait la relève des troupes italiennes dans le Sud-Est. Le meurtre d’un civil pour marquer cet anniversaire, quel symbole!

Ce même jour de Drancy, près de Paris, partait un dernier convoi de déportés en direction d’Auchwitz.

Qu’ils aient été juifs, ouvrier de Villecroze ou autres civils de Tulle, Oradour ou autres lieux, ils étaient avant tout des civils de France payant de leurs vies la trahison de la majorité des élites politiques, reniant la République et ses idéaux au profit de l’Etat pétainiste.

Pour l’honneur de la France se sont alors levés afin de s’opposer à cette abdication, ceux que l’on qualifierait aujourd’hui d’extrémistes. Ils furent le levain d’une résistance, qui active ou passive devint peu à peu majoritaire dans le pays.

Aujourd’hui à nouveau le pacte républicain est fortement ébranlé par les affaires, la corruption, qui concernent nombre de politiques et d’élites.

Nous pensons que l’heure n’est plus aux demi-mesures, aux attitudes lénifiantes, à la désignation de boucs émissaires furent-ils personnellement responsables.

La Résistance a montré qu’elle devint forte et irrésistible quand elle sut s’unir sur un programme d’avenir et ne plus se satisfaire de lutter isolément contre l’occupant.

Aujourd’hui l’ANACR est partie prenante de toutes démarches visant à construire un front commun de tous ceux qui refusent que le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » ne soit qu’une image de rhétorique dans les discours officiels.

Par nos exemples personnels, par nos refus de tout acte de complaisance qui y soit contraire, il est vital de ranimer le sens civique de nos concitoyens afin d’apporter à la démocratie ce civisme qui en est le terreau nourricier.

Sans cette optique pour nous, comme l’a écrit Marceline Lorivan-Ivens, seul importe le chemin suivi avec les autres car alors nous serons réellement dignes de tous es Joseph Gabriel d’hier et aujourd’hui.